J’étais quelque peu désemparée, à cet instant là. Un de ces instants où on est seule et où on peut enfin réfléchir, non plus sur les choses constructives, mais sur les choses qui en valent la peine.
J’ai trouvé qu’il valait la peine de réfléchir sur les choses constructives. Déjà, pourquoi c’était ce type de réflexion qui revenait tout le temps dès qu’on avait une personne en face de nous ? Pudeur d’esprit ? Peur de voir que notre prochain n’a pas les mêmes pensées que nous, que lui ne songe pas à sa vie, à sa mort, à ses peurs, ses angoisses, comment s’en débarrasser, comment être heureux ? Peut-on penser que quiconque en face de nous ne songe jamais à cela ?
La générosité des uns est toujours l’égoïsme des autres. Quel parent applique toujours les principes qu’il inculque à ses enfants ? Fais ce que je dis pas ce que je fais. Si moi j’envoie tout le monde chier, si je n’aide personne,
c’est que je suis un gros con, mais toi tu dois être généreux, aider ton prochain, lui rendre service, et en particulier moi parce que je suis ton parent et que c’est uniquement pour ça que je t’ai injecté ces valeurs que je méprise.
Ceux qui glorifient la générosité, l’altruisme, sont parfois malheureusement ceux qui ne cherchent qu’à en profiter.
« C’est comme ce que tu m’as fait comprendre, fit une voix dans mon oreille ; les personnes ne supportent pas l’égalité, ils ne concèdent que la condescendance d’être celui qui autorise l’autre à exister, exister dans ce monde dont ils sont persuadés être le dieu, 6 milliards de petits dieux pleurant d’amour pour eux même, pleurant leur pitié effroyable et leur charité réfléchie, pleurant sur leur bonté et aimant leur bonté comme on aime un chien et pour les mêmes raisons…
Tiens, il était de mauvaise humeur ce matin. Lu un mauvais livre ? On dirait presque Ephélide. Il a du me piquer Belle du Seigneur pendant que j’avais le dos tourné.
Je savais donc qu’il n’allait pas rester. Il est comme ça Alter : il se ramène, il râle, et puis il se casse.
—Non, mais il va revenir après, tout fou et bondissant, et n’arrêtant pas de parler et de poser des questions…Tu le connais mieux que personne…
—Salut, Ephélide, Eurydice revenue des Enfers, Ephélide impératrice des excréments, Ephélide poète des toilettes publiques…
—Moi aussi je t’aime.
Je pris ma guitare et égrainais quelques accords. Lide fit celle qui n’écoutait pas parce qu’elle savait que je détestais quand on m’écoute.
—Dis-moi Lide, pour toi, qu’est ce qu’une chose constructive ?
—Détruire. A mon niveau c’est tout ce que je peux faire. Détruire pour forcer les autres à penser ce qu’il faudra reconstruire. Tant qu’ils sont dans leur confort ils ne réfléchissent pas. Tant qu’ils sont dans leur maison, bien au chaud, les choses importantes sont quoi manger de bon pour dîner et ne pas louper le début du film. Sors les de chez eux, mets les dans le froid et tu verras qu’ils se souviendront des autres, de celui qui a froid comme lui, de celui qui pourra les réchauffer, sépare-les de leurs plats surgelés, et ils se souviendront qu’ils peuvent manger avec presque rien. Sors les de leur confort et ils se souviendront d’eux-mêmes.
Ephélide, ma militante de naissance.
Je me surpris à jouer un morceau d’inspiration espagnole que je ne connaissais pas. Cela ne me surpris pas. Dès que je commençais à jouer, il venait.
—Salut Filigrane.
—Bonjour Victoria.
Victoria ? Pourquoi m’appelle t-il Victoria ?
—Tu es en train de taper pour ton blog, je te rappelle.
—Ha oui.
Fil, sa délicatesse.
—Je me permets d’intervenir…
—Je t’en prie, permets-toi.
—Si on les sors de leur confort, ils se souviennent qui ils sont ; mais ce n’est qu’en les y laissant qu’ils peuvent se souvenir de ce qu’ils doivent être. L’humanité a évolué de manière à se créer le plus de confort possible, et a donc pu inventer son propre idéal, son propre futur inaccessible. On ne réfléchit pas le ventre vide.
—Mais le confort est devenu une valeur essentielle ; les gens ne réfléchissent qu’à en avoir encore plus, c’est devenu leur unique motivation.
—C’est pour cela qu’on existe, Lide. Pour cela qu’on a été créés. Nous sommes nés dans l’imagination d’une femme qui a très rarement eu faim, et donc a pu observer. Nous sommes destinés à être lus par des personnes au ventre plein, confortablement assis dans leur salon, dans leur lit, sous la couette et regardant leur réveil pour ne pas se coucher trop tard car ils travaillent demain, être lus pour que celui que l’on veut faire réfléchir s’endorme plus facilement, pour son confort, et pour son confort nous lui disons clairement ce que nous voudrions qu’il sache, comprenne, ou s’indigne contre, ne pas lui donner la souffrance de le faire lui-même…Nous existons car nous n’aurions jamais dû exister.
Ephélide garda le silence. Elle est beaucoup plus optimiste que Filigrane, malgré ce qu’elle essaye de faire croire. Elle n’aime pas se souvenir de la véritable nature de ceux qu’elle pense combattre.
—Je peux te piquer ta guitare deux secondes?
—Tiens, prends.
Et encore une fois, mon orgueil souffrit. Quelle idée de créer un personnage qui joue mieux que moi.
—Jamais tu changes tes cordes ?
—Roh, ça va, hein…
Mes personnages et mon roman, leur caractère, leur présence quasi permanente à mes cotés, mes réflexions non constructives, les seules qui en vaillent la peine.
Harmonium prit place sur le lit de mon frère, comme à son habitude. Alter revint, le sourire aux lèvres. Elle me regarda. Alors je pris ma plume, et à ceux qui sont vivants je donnai une vie.
coucou! pas tout compris,mais j’aime bien. Faut peut-être relire autant de fois qu’il y a de personnages. je repasserai dans le coin de "Y a du débat dans l’air".A+
bin faudrait que je repasse pour lire tt ça un de ces 4 … ça m’a l’air bien torché tt ça… biz! bonne continuacione!!
Magnifique texte,qui montre bien la relation ,parfois étrange,qu’on entretient avec nos personnages,qui se revelent aussi vivants que les vivants,et tout aussi ‘hantants".Des parties de nous meme qui veulent sortir.S’exprimer.Faire rever.Nos doubles sublimés,et qui nous guerissent,parfois…
Salut bigfaichefuchsia,c’est vrai que ton com que tu m’as laissé dégageait plus de sérénité que ceux que j’avais lus avant. Je veux bien entrer dans le débat que tu proposais mais je te préviens que j’ai des convictions précises et pas toujours "modernes" (hum hum, personnellement je dirais plutôt rétrogrades -> Tu vois les différences commencent déjà avec cette génération).Bien que j’ai été punk pendant des années, dans un désordre très important de vie et de pensée je suis une personne totalement renouvelée depuis mon entrée dans la Foi (j’aime pas cette expression, je dirais plutôt depuis ma rencontre avec Jésus mais ça peut paraître illuminé si je ne m’explique pas plus).A bientôt sur les blogs. (ou par email si tu préfères – –> par le 1er site de mon blog)Dominique—Au fait, la Foi en Jésus n’a absolument rien à voir avec de la religion ! Il faut que j’y aille.Salut et bon week-end
Putain je suis dégoûté, j’avais tapé un long texte et ça a pas voulu enregistré :’(FiOu, la flemme de recommencer, sérieux…Bon, en gros, c’était "Félicitations pour ton texte mais mets-nous en plus pour qu’on puisse vraiment s’imprégner de l’ambiance et également ne prends pas mal cette maxime "Faites ce que je dis pas ce que je fais" car je la trouve au contraire très positive". Si tu veux des éclaircissements, je t’en donnerai (la flemme maintenant ouais lol) mais je pense que tu vois déjà où je veux en venir ; )Voilà, ma chère Fuchsia, @ bientôt : )
Coucou,on s’est croisé chez Laurent, alors je viens te rendre une petite visite. J’aime beaucoup ce que tu écris. Je reviendrai souvent. Bise, Cat.P.S: Je vois que Sil apprécie aussi